Voter blanc, s’abstenir, c’est voter le Pen

     Soyons clairs : le 7 mai il ne s’agit pas simplement d’éviter que la candidate du Front national accède au pouvoir. Il s’agit d’infliger une défaite cuisante aux idées détestables d’un parti qui prospère depuis des années sur la peur et le mensonge. Alors gardons la tête hors du sable et votons sans ambiguïté pour Emmanuel Macron, le seul candidat qui porte, qu’on l’aime ou non, un projet fondé sur les valeurs démocratiques les plus élémentaires et qui tient compte des réalités. Voter blanc, s’abstenir, c’est voter le Pen.

On l’a déjà dit, mais il faut le répéter, le projet de la candidate est un projet classique de l’extrême droite : prospérant, comme les fascismes de tous genres de l’entre-deux-guerres, sur le chômage, l’instabilité économique et la peur de l’autre, le Front national trompe son monde en vendant un catalogue de mesures simplistes qui prétend répondre à des situations complexes.
A l’immigration, qui pose de réels problèmes sur lesquels les gouvernements, de gauche comme de droite, ont trop longtemps fermé les yeux, le Pen répond tout simplement expulsions, aux employés des usines qui délocalisent, elle répond fermeture des frontières, sortie de l’Union européenne, abandon de l’euro, autarcie économique, toutes mesures aussi dangereusement inefficaces que déconnectées de la réalité. A chaque problème, la candidate a une réponse expéditive et un coupable désigné : les immigrés, les oligarques, les banques, l’Euro, l’Europe, la mondialisation. Mentant effrontément sur les faits et les statistiques, elle développe devant un public qui a besoin d’être rassuré, la vision d’un monde clos, ignorant le reste de l’univers, mortifère.

     Il est crucial que les Français expriment massivement leur rejet de la candidate du Front national et de son programme, d’abord parce que celui-ci est intrinsèquement mauvais, mais aussi pour conserver leur propre estime et pour sauvegarder l’image de la France aux yeux de nos partenaires. L’élection de le Pen serait ruineuse pour notre pays et la démocratie, mais une victoire étriquée d’Emmanuel Macron adresserait également un très mauvais signal au reste du monde : elle donnerait l’image d’un pays instable et peu fiable où l’extrême droite la plus réactionnaire serait de manière durable aux portes du pouvoir. Cela se paierait cher sur la scène internationale où la France ambitionne toujours de jouer un rôle.

     Ceux qui, à droite comme à gauche, croient jouer les finauds en jouant sur les mots pour ne pas appeler clairement à voter pour le seul candidat démocrate en lice, espèrent, dans un calcul mesquin, en retirer des gains électoraux lors des prochaines législatives. Ils endossent une lourde responsabilité politique et morale. On peut, certes, estimer que l’on n’a pas à donner des « consignes » de vote, mais dans un moment extrêmement critique pour notre pays comme celui que nous traversons actuellement, il est du devoir des responsables politiques d’éclairer leurs concitoyens, et particulièrement les militants et les électeurs qui leur ont fait confiance, et qui, désemparés par l’échec de leur camp, se demandent quel parti prendre.

     Si l’Histoire retient un jour les noms des Wauquiez ou des Mélenchon, ce ne sera certainement pas à leur avantage. D’autres ont fait savoir clairement à qui ira leur vote, ils ne l’ont sans doute pas fait de gaîté de cœur, mais c’est tout à leur honneur. (PR)

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